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Veillane
Parler de votre situation
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reglementation Publié le Mis à jour le 11 minutes de lecture Par Jimenez Julien

Que doit accepter votre employeur si vous demandez un congé de proche aidant ?

Beaucoup d’aidantes posent des congés payés ou des jours sans solde pour accompagner un parent, faute de connaître le cadre exact. Cet article distingue ce que le code du travail impose à l’employeur, ce qu’il laisse à la négociation, et ce que certains accords collectifs ajoutent sans que personne dans l’entreprise ne pense à le dire.

Deux femmes assises face à face à une petite table ronde dans un bureau clair, une feuille imprimée et un stylo posés entre elles pendant un entretien

Votre employeur ne peut pas refuser le congé de proche aidant lui même, dès lors que les conditions du code du travail sont réunies et que votre demande est faite dans les formes. Ce n’est pas une faveur négociée, c’est un droit.

En revanche, il peut refuser deux choses: le fractionnement du congé en journées ou demi journées, et sa transformation en temps partiel. Ces deux modalités supposent son accord exprès.

Ce congé n’est pas rémunéré par l’entreprise. Une allocation journalière du proche aidant peut prendre le relais, versée par la caisse d’allocations familiales ou la mutualité sociale agricole, sur un nombre de jours plafonné. Le reste de cet article détaille chaque point, et ce qu’il faut écrire.

Ce que le code du travail prévoit noir sur blanc

Qui peut être aidé et à quel titre

Le régime figure aux articles L. 3142-16 et suivants du code du travail. Il ouvre le congé au salarié qui vient en aide à une personne présentant un handicap ou une perte d’autonomie d’une particulière gravité.

La liste des personnes aidées est large. Elle couvre notamment le conjoint, le partenaire de pacte civil de solidarité, le concubin, les ascendants, les descendants, les collatéraux jusqu’à un certain degré, ainsi que la personne âgée ou handicapée avec laquelle le salarié réside ou entretient des liens étroits et stables.

Une mère, un père, une tante entrent donc dans le champ. La difficulté n’est presque jamais le lien de parenté. Elle est la preuve du degré de perte d’autonomie, que vous établirez avec la notification de droits de votre parent.

Durée de principe, renouvellement et plafond de carrière

La durée se lit d’abord dans l’accord d’entreprise, à défaut dans l’accord de branche. C’est seulement en l’absence d’accord que s’appliquent les règles supplétives du code: un congé de trois mois, renouvelable, dans la limite d’un an sur l’ensemble de votre carrière.

Retenez la mécanique: le plafond est un plafond de carrière, pas un plafond annuel. Un congé pris cette année pour votre mère se déduit de ce que vous pourrez prendre dans huit ans pour votre père.

Commencez donc par demander à votre service des ressources humaines le texte de l’accord applicable. Certaines branches allongent la durée, assouplissent le délai de prévenance ou ajoutent des jours d’absence autorisée que personne ne pense à mentionner.

Ce que l’employeur ne peut pas refuser et ce qui se discute

La demande écrite, le délai de prévenance et le cas d’urgence

La demande se fait par écrit, datée, en gardant une copie. Elle indique la date de départ souhaitée et la durée envisagée, et elle est adressée dans le délai de prévenance fixé par l’accord ou, à défaut, par le code.

Le code prévoit des situations où le congé débute sans délai. Elles couvrent notamment la dégradation soudaine de l’état de santé de la personne aidée, la situation de crise nécessitant une action urgente, et la cessation brutale de l’hébergement en établissement.

Cette dernière hypothèse est celle que les aidantes rencontrent le plus souvent, et elle surprend toujours: un accueil temporaire qui s’arrête, une place qui n’est pas reconduite, et il faut être chez son parent le lundi.

Le retour au poste à l’issue du congé

À la fin du congé, vous retrouvez votre emploi précédent ou un emploi similaire, assorti d’une rémunération au moins équivalente. Ce n’est pas une clause de bonne volonté, c’est le texte.

Deux réflexes valent d’être pris avant le départ. Faire figurer par écrit l’intitulé du poste, le périmètre et la rémunération au jour du départ. Demander l’entretien professionnel prévu au retour de ce type de congé, qui est le bon moment pour poser la question de la charge et de l’organisation.

Ce que ce congé ne fait pas, contrairement à une idée répandue

Il n’est pas rémunéré par l’entreprise

Le contrat de travail est suspendu. L’employeur ne verse pas de salaire pendant le congé, et aucune disposition ne l’y oblige, sauf accord collectif plus favorable.

Le relais possible est l’allocation journalière du proche aidant, versée par la caisse d’allocations familiales ou par la mutualité sociale agricole selon votre régime. Elle est attribuée par jour, dans la limite d’un plafond mensuel et d’un plafond apprécié sur l’ensemble du parcours professionnel.

La caisse examine votre situation et le degré de perte d’autonomie de la personne aidée, apprécié notamment à partir de son groupe iso ressources ou de son taux d’incapacité. Déposez cette demande en même temps que la demande à l’employeur, pas après.

Il ne remplace ni un arrêt de travail ni un temps partiel thérapeutique

Ce congé traite de l’accompagnement d’un tiers, pas de votre propre santé. Si vous dormez quatre heures par nuit depuis trois mois, la réponse n’est pas ce congé mais une consultation chez votre médecin traitant.

Les deux dispositifs ne se confondent pas et ne se cumulent pas dans n’importe quel ordre. Une aidante épuisée qui pose un congé de proche aidant se retrouve sans revenu et sans repos: c’est un mauvais calcul, fréquent, et qui se corrige en amont.

Votre employeur ne peut pas non plus vous imposer les dates de ce congé, ni le transformer d’office en congés payés. C’est vous qui fixez la date de départ, dans le respect du délai de prévenance.

Les autres leviers prévus par le droit du travail

Le congé de solidarité familiale, réservé aux situations de fin de vie

Les articles L. 3142-6 et suivants du code du travail organisent un congé distinct, dont l’objet n’est pas l’organisation du quotidien mais l’accompagnement d’un proche dont la pathologie met en jeu le pronostic vital, ou qui se trouve en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable.

La durée, le fractionnement et l’allocation qui peut l’accompagner obéissent à leurs propres règles. Ne confondez pas les deux demandes: un dossier déposé sous le mauvais intitulé revient, et vous perdez des semaines qui comptent.

Le don de jours de repos et les absences autorisées par accord

Le code du travail permet à un salarié de renoncer anonymement et sans contrepartie à des jours de repos au bénéfice d’un collègue qui assume la charge d’un proche en perte d’autonomie. Le salarié bénéficiaire conserve sa rémunération pendant son absence.

Ce mécanisme suppose que quelqu’un, dans l’entreprise, l’active. Il reste souvent lettre morte faute d’avoir été présenté. Une demande écrite au service des ressources humaines et aux représentants du personnel suffit à ouvrir le sujet.

Relisez enfin l’accord d’entreprise. On y trouve régulièrement des jours d’absence autorisée pour situation familiale, une souplesse d’horaires ou du télétravail élargi, plus simples à obtenir qu’un congé de trois mois.

Ce qu’il faut écrire, et à qui l’adresser

La demande remise à l’employeur

Une demande tient en quinze lignes. Trop long, elle expose votre vie privée sans rien ajouter au droit.

  • Objet: demande de congé de proche aidant, avec la référence aux articles L. 3142-16 et suivants du code du travail.
  • Date de départ souhaitée et durée envisagée, en précisant s’il s’agit d’un premier congé ou d’un renouvellement.
  • Lien avec la personne aidée, sans détail médical inutile.
  • Mention des pièces jointes: déclaration sur l’honneur, justificatif du lien, justificatif du degré de perte d’autonomie.
  • Demande d’accusé de réception écrit.

Remettez la lettre en main propre contre décharge, ou envoyez la en recommandé. Conservez la copie datée dans le dossier de votre parent, au même endroit que la notification de droits.

Le dossier déposé auprès de la caisse

La demande d’allocation journalière est une démarche séparée, avec ses propres justificatifs. Ne recyclez pas le courrier destiné à l’entreprise.

DestinataireCe que vous demandezPièces principalesTrace à garder
EmployeurLe congé et ses datesDéclaration sur l’honneur, justificatif du lienDécharge ou recommandé
Caisse d’allocations familiales ou mutualité sociale agricoleL’allocation journalièreFormulaire de la caisse, attestation de l’employeur, justificatif de perte d’autonomieNuméro de dossier
Caisse de retraiteLa prise en compte de la périodeAttestation de congé, dates exactesRéponse écrite

Anticiper les effets sur la paie, la retraite et la complémentaire santé

Ce qui se suspend et ce qui continue pendant le congé

La suspension du contrat se lit sur le bulletin de paie du mois suivant. Elle touche le salaire, mais aussi des éléments auxquels on ne pense pas: les titres restaurant, la part employeur de certains avantages, l’acquisition de jours de congés payés selon les cas.

Vérifiez avant le départ le maintien de la complémentaire santé d’entreprise et ses conditions de cotisation pendant la suspension. C’est le point qui se règle mal après coup, et il se pose exactement au moment où vous multipliez les rendez-vous médicaux.

Les périodes de congé de proche aidant peuvent ouvrir des droits à la retraite. Ne vous contentez pas d’une réponse orale: écrivez à votre caisse de retraite, mentionnez les dates, demandez une confirmation écrite, et rangez la réponse.

Les règles applicables au salarié aidant sont présentées sur le site du ministère chargé du travail, rubriques consacrées aux congés du salarié.

Ce que vous pouvez faire cette semaine

Le congé de proche aidant s’impose à l’employeur, le fractionnement se négocie, la rémunération ne vient pas de l’entreprise. Ces trois phrases suffisent à préparer votre entretien. Le reste est une question de calendrier: dates, délai de prévenance, dossier déposé en parallèle à la caisse.

Ce congé prend son sens quand il tombe au bon moment, par exemple pendant le premier mois après le retour à domicile d’un parent hospitalisé, et non trois semaines plus tard. Il se prépare avec le reste: la carte des échéances de l’année de votre parent, que nous détaillons dans le calendrier annuel des démarches pour un parent âgé, et le suivi des sommes que vous avancez, dont les erreurs de suivi des dépenses avancées pour un parent coûtent le plus cher.

Veillane range ces écrits au bon endroit: la demande et sa décharge, la notification de la caisse, les dates du congé posées sur le calendrier des rendez-vous et des renouvellements, avec un rappel avant chaque échéance. Pour voir comment votre situation professionnelle et celle de votre parent tiennent sur le même tableau de bord, demandez une démonstration de Veillane.

Le dossier de votre parent, tenu à jour sans y passer vos soirées

Veillane réunit au même endroit les démarches en cours, les pièces attendues par chaque organisme, les dates de renouvellement, les rendez-vous médicaux et les sommes que vous avancez. Décrivez la situation de votre parent en quelques lignes : nous vous répondons par écrit, avec une mise en route et une démonstration si vous le souhaitez.

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Portrait de Jimenez Julien, auteur et éditeur de Veillane

Auteur et éditeur de Veillane

Jimenez Julien

Il a passé une année à écouter des femmes de cinquante à soixante ans devenues aidantes principales d’une mère, d’un père ou d’une tante, ainsi que des coordinatrices autonomie, des assistantes sociales de centre communal d’action sociale et des responsables de secteur de services d’aide à domicile. Il n’exerce aucune profession médicale ni sociale : son travail consiste à mettre par écrit les démarches françaises réelles, avec l’organisme concerné, la pièce attendue et la date qui compte.

Le parcours de Jimenez Julien et la méthode de travail de Veillane